Fouilles archéologiques 2017

Fouilles archéologiques 2017

A la recherche de votre passé : fouilles archéologiques à Herrane (Saint-Bertrand-de-Comminges) et à Saint-Just de Valcabrère.

 

Aux mois de juin et de juillet de cette année 2017, une équipe archéologique conduite par William Van Andringa, professeur à l’université de Lille 3, s’est de nouveau installée à Saint-Bertrand-de-Comminges pour cinq semaines de fouille. Il s’est agi de continuer à chercher et localiser les ensembles funéraires de l’époque romaine. On admet le plus souvent qu’à cette époque, les tombeaux étaient alignés le long des routes d’accès à la ville. L’enquête menée à Lugdunum des Convènes indique que la périphérie d’une ville romaine était soumise à de nombreux enjeux fonciers qui ne priorisaient pas toujours les cimetières : les travaux menés au lieu-dit Herrane ont montré que le grand tombeau, aujourd’hui complètement détruit, s’inscrivait en vérité dans un grand complexe qui reste à identifier, possiblement une vaste villa suburbaine qui faisait face à la ville, celle d’un très grand personnage qui a façonné l’histoire de Saint-Bertrand au IIe siècle apr. J.-C. Les tranchées réalisées dans la pente du Mont Arès ont permis de lever les doutes concernant le passage d’une route à cet endroit, mais également de préciser les phénomènes géologiques et historiques de colluvionnements, pour une meilleure compréhension des dynamiques de versant et de sédimentation de la terrasse alluviale qui porte la ville romaine et son territoire suburbain.

L’opération menée à Saint-Just-de-Valcabrère, sur une parcelle localisée à l’ouest de l’église romane, a donné des résultats tout aussi spectaculaires. Les tranchées d’évaluation ont d’abord permis d’identifier des enclos monumentaux datant de la fondation urbaine de Lugdunum ainsi qu’une route nord-sud se dirigeant vers Saint-Béat et ses carrières de marbre. La fouille a également permis de caractériser et de dater une série d’édifices dont le plan avait été révélé par la prospection géo-radar effectuée par l’équipe autrichienne de l’Institut archéologique de Vienne sous la direction de Stefan Groh. Sont ainsi apparues un enclos funéraire du IVe siècle apr. J.-C. dans lequel un espace était prévu pour l’ensevelissement des enfants morts autour de la naissance, également un tombeau monumental à chambre souterraine qui confirme la destination funéraire du complexe. Cette découverte étant cruciale dans le fait qu’elle révèle sans aucun doute une partie de la genèse du premier lieu de culte chrétien de Saint-Just de Valcabrère, il est désormais envisagé de fouiller la totalité de l’emprise qui comprend des monuments funéraires, mais également une occupation médiévale antérieure et contemporaine de l’église romane de Saint-Just.

 

Les résultats de la campagne 2017 ne sont pas seulement scientifiques. Le chantier ouvert quotidiennement a pu accueillir des écoles des environs dont celles de Saint-Bertrand et d’Izaourt et les enfants ont pu découvrir le travail des archéologues qui s’apparente beaucoup à celui de la police scientifique. L’archéologie est avant tout une recherche poussée des traces de toutes sortes laissées par les populations du passé. Une foule nombreuse s’est également pressée sur le chantier de Saint-Just, pouvant ainsi compléter leur visite de l’église, pour découvrir des vestiges antérieurs. Une visite en petit train a clôturé de la plus belle des manières le chantier archéologique, avant que les sondages ne soient rebouchés.

 

L’équipe de fouille tient à remercier les institutions qui accompagnent ce projet archéologique (notamment l’Etat/Culture, le département de la Haute-Garonne et la Région Occitanie), mais également tous les habitants de Saint-Bertrand-de-Comminges et de Valcabrère pour leur accueil chaleureux. Cette fouille est également la vôtre dans le sens où nous fouillons votre passé ! Rendez-vous en juin 2018 pour la suite du projet.

 

 

William Van Andringa

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